vendredi 30 mars 2007

Les projets de Nicolas Sarkozy

Dans l’interview qu’il donne cette semaine à L’Express, Nicolas Sarkozy livre avec beaucoup de clarté sa façon de concevoir la fonction présidentielle, les rapports que le Président doit entretenir avec le Parlement et le Gouvernement ; il dévoile également quelles seraient ses premières priorités si les Français le portaient à la présidence de la République.

« Le président, ce n’est pas un arbitre ; c’est un responsable. » Par ces mots directs, Nicolas Sarkozy exprime sa volonté, s’il est élu, de ne pas se considérer aussitôt au-dessus de la mêlée. Animateur de l’exécutif, il souhaite s’appuyer sur la légitimité du suffrage universel non pour inspirer mais pour conduire l’action des pouvoirs publics, en s’appuyant sur un Premier ministre coordonnateur d’une équipe ramassée de 15 ministres véritables « responsables politiques qui dirigent leur administration. » Dès l’automne prochain, le candidat UMP entend proposer une révision de la Constitution. Plus qu’un bouleversement, au contraire de ce que proposent François Bayrou ou Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy veut moderniser la vie institutionnelle en limitant à deux le nombre de mandats présidentiels, en renforçant les pouvoirs du Parlement, notamment en matière de contrôle de l’action gouvernementale et des nominations aux principaux emplois publics. « Le reste, c’est un changement d’état d’esprit et de pratique. »

Au moment où est commémorée la signature, il y a cinquante ans, du traité de Rome, Nicolas Sarkozy revient sur la monnaie unique. Il compte militer au sein de l’Union économique et monétaire constituée au sein de l’Union européenne pour que celle-ci fasse de l’euro le même usage que les Etats-Unis font du dollar, la Chine du yuan ou le Japon du yen. Pourquoi la Banque Centrale Européenne se limite-t-elle à une politique des taux visant à juguler une inflation qui ne menace plus guère, sinon par l’effet d’aubaine induit par les conversions, alors qu’elle devrait, en partenariat avec les ministres de l’Ecofin (le conseil des ministres des Finances européens) fait de la monnaie une arme au service de la croissance et de l’emploi ?

Sur le plan législatif, Nicolas Sarkozy fixe avec précision ses priorités. S’il est élu et si, un mois après, les Français lui donnent une majorité de gouvernement, il convoquera une session extraordinaire à l’ordre du jour de laquelle seront inscrits un grand nombre de dossiers. Il n’entend pas reproduire l’erreur de Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin en 2002 : il faut agir vite et fort. Modification des conditions de regroupement familial, instauration de peines planchers pour les multirécidivistes, hôpitaux-prisons notamment pour les détenus relevant de pathologies psychiatriques, exonération de charges fiscales et sociales pour les heures supplémentaires, déduction de l’impôt sur le revenu des intérêts d’emprunts contractés pour la résidence principale, suppression des droits de donation et de succession pour 90 % des Français, instauration d’un service minimum dans les services publics en cas de grève, ouverture de négociations avec les partenaires sociaux notamment sur le contrat de travail unique et la politique salariale,…

Avec Nicolas Sarkozy, les Français sont clairement avertis : ils savent ce qu’il fera, comment il le fera et avec qui il entend conduire son action. Mais il n’est pas pour autant l’homme d’un seul parti : il entend ouvrir sa majorité.Pragmatique et réformateur, avouant un goût pour la mesure inspiré par son action gouvernementale, le président de l’UMP estime que, pour autant, « la mesure ne signifie pas l’immobilisme. »

Aucun commentaire: